Je publie tout de même cet article aujourd’hui en hommage aux femmes et au respect qu’elles méritent. Je l’avais écrit il y a plus d’une semaine.

J’ai vu ce film récemment à la télévision sur les chaînes satellite. J’en avais lu le résumé et avais beaucoup hésité à le regarder. J’ai d’ailleurs raté le début. Après la lecture du sujet de la Vénus Hottentote, c’est ainsi qu’elle était également nommée, j’ai changé de chaîne et j’ai regardé, le film étant basé sur des faits réels. Sujet que j’affectionne particulièrement dans mes choix de films à la télé.
Voici ci-dessous ce qui est écrit dans Télérama, à ce sujet.

SYNOPSIS

A l’Académie de médecine de Paris, en 1817, l’anatomiste Georges Cuvier fonde des thèses racistes sur l’observation du moulage du corps de Saartjie Baartman. Sept années plus tôt, la Sud-Africaine quittait son pays natal, emmenée par son maître Caezar. Débarquée à Londres, elle est exhibée dans les foires aux monstres et les fêtes foraines de la capitale et impose une seule condition : que le public ne la touche pas. Lorsque l’Institution africaine est mise au courant, elle intente un procès pour esclavagisme à Caezar. Mais le témoignage de Saartjie, qui dit se considérer comme une actrice, disculpe son maître. Ils décident alors de quitter Londres et de partir pour Paris, après avoir fait baptiser Saartjie…
LA CRITIQUE TV DE TELERAMA DU 26/11/2011

| Genre : cet obscur objet du martyr.

Domestique d’un fermier sud-africain, Saartjie Baartman s’installe en Europe avec son maître en 1810, afin de s’exhiber en public sous le surnom de « Vénus Hottentote ». Avant de devenir un objet d’étude pour les scientifiques à Paris. Pour son premier film en costumes, l’auteur de L’Esquive n’a pas renoncé à son style : une caméra souvent mobile, au plus près des visages et des corps, une durée des scènes étirée à l’extrême limite de la tension. Depuis les bas-fonds londoniens jusqu’aux chambres glauques d’un bordel, Kechiche transforme constamment le spectateur en voyeur. Position d’autant plus inconfortable que le réalisateur, à la différence de David Lynch dans Elephant Man, ne cherche pas à susciter l’empathie avec son héroïne résignée. L’interprétation de Yahima Torres renforce le trouble. A rebours du jeu expansif de Hafsia Herzi dans La Graine et le Mulet, l’actrice novice reste en dedans : diction presque atone, regard dénué d’expression. Mais cette opacité délibérée est le plus bel hommage que Kechiche pouvait rendre à une femme opprimée par le ­regard des autres, jusque dans la mort.

De fait, seul l’art peut rendre à Saartjie Baartman l’humanité dont on avait voulu la priver. Par le croquis pudique d’un dessinateur respectueux – un des rares moments d’accalmie dans ce film de bruit et de fureur, dur et éprouvant. Et, bien sûr, par la mise en scène pleine de rage d’un cinéaste audacieux.
Samuel Douhaire

Mon avis :

« Après avoir lu le genre ci-dessus, j’ai regardé le film avec deux pas de recul. Personnellement je trouve que le réalisateur n’étire pas les scènes de manière extrême, mais cela c’est mon avis. Il a beaucoup été question de la « direction presque atone, regard dénué d’expression » de l’actrice dans son jeu.
J’ai au contraire compris bien au-delà de cette non-expression, ce que le réalisateur a voulu démontrer, c’est toute la souffrance intérieure de cette femme croyant par ce voyage trouver un rêve. Elle tombe en réalité entre les mains d’un exploiteur sans scrupules, qui ne lui raconte que des bobards dans le seul but de s’enrichir sur le dos de ce fameux racisme et voyeurisme qui hélas est toujours d’actualité sur les différences physiques chez les humains.
La seule chose qui m’a interpellée, c’est : « pourquoi ne pas s’enfuir devant ces humiliations quotidiennes ? ». Car elle est touchée, palpée par le public, comme un monstre de foire. J’ai appris en écoutant d’autres vidéos qu’il l’avait menacée si elle s’en allait.

Les plans rapprochés et les visages des spectateurs m’ont fait penser aux tableaux de Jérôme Bosch de par leur cruauté, leur réalisme. La caméra sonde souvent les yeux de l’actrice, les détails, ses mains, s’accrochant que très peu sur son physique. Le film est pudique, ce sont les protagonistes de l’époque qui ne le sont pas et certainement pas les scientifiques qui, au nom de la science la regarde comme un phénomène étrange, animalier. Quelle honte !
La note de douceur est celle apportée par le peintre et à la fin du film par le sculpteur qui en fait un moule avant qu’elle ne soit disséquée. Ces mains qui caressent le corps de la femme est d’une douceur bien appropriée à ce stade du film. Ce plan est montré en parallèle avec cette « chirurgie sauvage » même si c’est au nom de la science. Je suppose que ce fut voulu par le réalisateur, car les peintures, comme la leçon d’anatomie de Rembrandt (1632), n’est pas très joyeuse non plus. »

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À propos de filamots

Sur le fil des mots. Je rassemble pour mes enfants, les textes anciens et nouveaux ainsi que futurs que je dépose sur ce blog. L'occasion pour moi de faire de belles rencontres virtuelles, et de m'améliorer dans l'écriture de quelques nouvelles lorsque l'inspiration est au rendez-vous. Je partage aussi ma passion pour la photographie en tant qu'amateur. Je suis autodidacte en informatique, lecture, musique, etc....

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  1. giselefayet dit :

    Je viens de voir le mail concernant ton billet , j’ai tellement de retard que j’ai du laisser passer bien des billets. J’aime beaucoup l’analyse que tu as faite de ce film que j’ai beaucoup apprécié . Impossible de rester insensible à ces images d’exploitation de la femme et du voyeurisme du public . Les scientifiques ne sont pas montrés non plus sous leur meilleur jour et on en vient même à les détester pour leur manque d’humanité. L’oppression y est dépeinte d’une telle manière que le spectateur se sent presque voyeur heureusement l’art vient mettre un peu de baume sur cette plaie restée ouverte .
    J’avoue avoir eu beaucoup de mal à m’endormir après ce film tellement je ressentais cette rage de l’impuissance face à cette injustice .
    Merci d’avoir si bien analysé ce film pour nous .
    Bonne soirée
    Bisous

  2. Je ne sais pas si j’aurais regardé, j’ai mal pour les gens qui subissent des injustices.
    Tu as un joli fond de blog.
    Bises et bonne semaine.

    • filamots dit :

      Bonjour et belle semaine Claudie,
      Merci pour mon fond de blog. Je l’ai fabriqué toute seule, avec un fond de feuilles d’automne et une image personnelle d’une de mes théières devant une rangée de bouquins à la maison 🙂
      Pour le film, je comprends ce que tu aurais pu ressentir. Je n’y suis pas restée insensible loin de là.
      Bisous à toi, ton texte que j’ai lu m’a bien fait rire. Tu as beaucoup d’humour.
      G.

  3. Je connais ce film, et cette histoire, et il y a que peu de temps qu’on a remis sa dépouille à son pays où elle a eu des funérailles d’humain !

    • filamots dit :

      Bonjour Julie,
      Oui je l’ai appris comme toi en fouillant sur internet pour en savoir davantage. D’ailleurs à la fin du film ils mettent ce qui se passent et ceci depuis pas très longtemps concernant les restes qui ont été enterrés enfin, décemment.
      As-tu reçu mon mail ? Je ne t’oublie pas concernant ta demande. Je suis si fatiguée Julie. Je vais devoir sortir un peu, cela me fera du bien. J’ai beaucoup aimé ton article sur le martinet et sur le plancton aérien. Plein d’enseignement chez toi 🙂
      Bises.

  4. Merci Geneviève d’avoir mis ce sujet en cette journée particulière.
    Tu rends ainsi hommage à toutes les femmes qui ont tant souffert dans le passé.
    Et l’histoire de la Vénus Hottentote est particulièrement douloureuse et parlante.
    J’ai vu le film il y a longtemps, je me souviens juste d’en avoir été bouleversée.

    • filamots dit :

      Bonjour Elisabeth, tu as veillé tard…oh la la !!!
      Oui c’était le but de mon article au-travers de ce film. Cet article était en attente voulant continuer à répondre aux commentaires et puis je me suis dit zut, c’est une journée importante pour nous les femmes 🙂 Je ne suis pas dans les courants ultra féministes, mais j’essaie de défendre nos droits devant les violences qui nous sont faites, par le viol, les coups physiques, les tentatives d’agression par armes, les coups par les mots qui font si mal aussi. En ayant une pensée aussi pour les hommes battus dont on parle trop peu, car il y en a.
      Je comprends que tu aies été bouleversée. Ayant en vitesse pris connaissance du sujet avant de le regarder, j’ai pu prendre du recul pour le regarder. Une trop grande implication dans le récit m’aurait fait du tort, et d’ailleurs je n’aurais pas continué à le regarder. L’avantage de vieillir sans doute 🙂 Quoi que….je n’ai pas eu de cauchemars. Cela aurait pu me rappeler des trucs pas marrants. J’ai aussi entendu que c’était parlé en Afrikaans, et j’y ai reconnu des mots néerlandais au milieu des mots anglais. Une langue bien étrange que celle-là. Cela ajoute aussi à l’intensité dramatique de ce film. Je salue le réalisateur en tout cas pour la façon dont il a traité le sujet.
      Comment rester insensible devant le traitement fait à d’autres humains et ainsi démontré ? Merci pour ton commentaire et pour les autres femmes.
      Bonne journée à toi. Bisous.

      • Je veille souvent tard, Geneviève, ne t’inquiète pas…
        Oui, c’est vraiment un bel article et le film, même s’il peut paraître insupportable ne l’est pas car le martyre de cette femme est montré avec beaucoup de pudeur et de compassion.
        Nous ne pouvons pas nous voiler les yeux devant certaines choses qui se passent toujours dans le monde.
        Bisous, Geneviève

        • filamots dit :

          Merci pour ton commentaire. Je suis contente de celui-ci étant donné que tu l’as vu. J’y ai aussi vu beaucoup de compassion et de pudeur de la part du réalisateur. Et pour ce qui se passe à ce sujet, se voiler la face, c’est vouloir ignorer par peur je pense de l’inconnu. Je te souhaite une belle nuit. Mon mari n’arrêtais pas d’éternuer alors que j’allais m’endormir, et je viens de lui donner un antihistaminique. Et là c’est fini il n’éternue pas; Cela m’interpelle tout de même. Ce n’est pas grave, mais il est sorti aujourd’hui et nous ne sommes pas au printemps 🙂
          Pour le coup je suis réveillée d’où mes réponses aussi tardives.
          Bisous.

  5. colettedc dit :

    Je n’ai pas vu ce film non plus et je ne sais pas si j’aurais le courage de le voir … je trouve que tu as vraiment choisi la bonne journée de nous présenter cela ! … douce soirée pour toi Geniviève !
    Bisous.

    • filamots dit :

      Bonsoir Colette,
      Je comprends parfaitement. Je souhaitais partager cette histoire qui est vraie.
      Cet article comme beaucoup d’autres était là en attente et je me suis dit que malgré le retard dans les commentaires, tant pis, j’irais tout de même le mettre aujourd’hui, c’était totalement approprié. La violence je l’ai connue à la maison. Je pourrais en parler, mais j’ai préféré mettre ce film, pour dénoncer d’autres réalités. C’est surtout la condition féminine que j’ai voulu mettre en avant aujourd’hui et Marie-Jo a bien résumé le sujet, ce dont je la remercie.
      Fait pas trop froid chez toi ?
      Bisous

  6. mariejo64 dit :

    je n’ai pas eu le courage d’aller voir ce film, je le regrette un peu. Peut-être que j’aurai l’occasion de le voir à la télé. Pauvres femmes que nous sommes, hier, pendant notre rando, je parlais à Jean, avec indignation, le pauvre n’y pouvait rien, de la façon dont les femmes ont toujours été considérées et comment elles le sont toujours à travers de petits exemples de la vie quotidienne. Ah, je ne me souviens plus comment a commencé notre discussion, mais j’étais remontée comme pas possible.Il ne mouftait plus et pourtant, je n’ai pas à me plaindre de lui ! 😀 Il a pris pour les autres ! 😀 Pauvre Jeannot ! 😀

    • filamots dit :

      N’as-tu pas lu d’Elisabeth Badinter, l’amour en plus ? C’est mon fils qui me l’a offert. Ce livre explique la condition féminine et celle des enfants depuis le XVIIème siècle. C’est comme une thèse et je ne le lis que par petites touches car en fait, il n’y a pas réellement d’histoires. Ton Jeannot s’en remettra, et puis comme tu l’écris il n’est pas concerné, puisque tu n’as pas à te plaindre 🙂 Mais il est vrai qu’un reportage au sujet des femmes, une émission et hop la machine se met en route chez nous. 😆
      Quant au film, j’ai beaucoup hésité à le regarder. D’habitude je ne lis jamais les critiques et me fie à mon instinct aussi bien au cinéma que pour la télé. Comme j’aime les histoires vraies, j’ai cédé en me disant que je pouvais toujours éteindre la télé 🙂 Et en fait j’ai pas bougé, et j’ai vraiment été absorbée par la teneur du film. Les commentaires si tu vas les lire sont forts, du style : insoutenable, etc….. C’est pas faux. Elle est attachée comme un chien et montrée dans les clubs libertins de Paris. J’ai pas mis les vidéos et ai préféré mettre celle-ci plus neutre. Avant cela elle est exhibée et elle croit que c’est dans un but d’être actrice. Pour tenir le coup, elle boit beaucoup. Le reste tu peux le découvrir comme moi, sur internet.

Merciii ! C'est gentil d'y avoir pensé.

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