En relevant les turlupinades numéro 2 chez Océanelle
Oceanelle – Turlupinade n° 2

La clef rouge

A La deuxième tentative la porte enfin s’ouvrit. Nous nous retrouvions dans une pièce plongée dans l’ombre.

Johann ne disait rien, je savais qu’il adorait les surprises.

Nous glissions plutôt que marchions sur un tapis doux. De chaque côté de nous, flottaient des draps de la même couleur que le lit que nous venions de quitter. Ils nous frôlaient, s’enroulaient, parfois nous bloquaient le passage, sans jamais nous arrêter vraiment. C’était comme un ballet de tissus entre nous et ce que je lui réservais.
Devant nous, un fauteuil et quelques encens se consumaient lentement, diffusaient dans l’air des odeurs de jasmin, autres plus piquants, et aphrodisiaques se répandant ainsi dans l’air.
Autour de nous, le noir total, mis à part cet endroit central éclairé. Une légère brise soufflait venue de nulle part. Et de ci de là toujours ces tissus qui ondulaient comme des vagues, sur une mer bien calme.
– Vient mon amour, lui dis-je d’une voix douce, vient, voici une surprise ! Installe-toi dans ce fauteuil et tu ressentiras des sensations jamais éprouvées jusqu’à présent que seul le monde inaccessible actuellement peut te procurer.

Je m’assis dans ce fauteuil comme elle me le demandait. J’avais tellement de désir, pour cette femme tant convoitée.
Comme j’aimais les surprises, je m’exécutai, et mes fesses prirent la forme de ce fauteuil, ma foi bien confortable !
A peine installé, la pièce se mit à tourner, le sol se dérobait sous mes pieds, et je me sentis partir et transporter dans une forme de vortex coloré, qui s’approchait de moi à toute vitesse, comme pour me prendre dans ses bras.

– Punaise, me dis-je mais qu’est ce qui m’a bien pris d’accepter cela. Ah c’est bien moi cela, j’aurais mieux fait de tout laisser tomber avant de de succomber au bleu de ses yeux. Les femmes c’est bien comme cela, elles croient pouvoir vous séduire par un regard et ensuite, vous vous retrouvez dans une drôle d’histoire, empêtré jusqu’au cou dans des situations incroyables !

Tout s’arrêta, et le fauteuil repris sa place comme si je ne l’avais jamais quitté. J’étais seul.

Un drap léger déposé à côté de mes pieds soudainement se leva comme mu par une brise qui devait probablement passer par là !
Il se soulevait et sous mes yeux hagards je vis sous celui-ci les formes d’une femme, comme sortie du bain. Je clignai des yeux. Non c’est impossible, c’est ce voyage étrange qui me tournait encore la tête, mais non, le tissu était entièrement collé à sa peau, et épousait toutes ses formes. Peu à peu, celui-ci se transformait sous mes yeux, prenait la couleur chair d’une femme grande, entièrement nue sous mes yeux. Elle avait des cheveux bouclés courts, des yeux qui me fixaient, d’un bleu d’une telle transparence. Elle ne souriait pas du tout.

Petit à petit, je vis le même effet s’opérer autour de moi. Et des créatures aussi différentes les unes des autres se développaient autour de moi. Je n’en croyais pas mes yeux, je devais rêver, et puis où était donc passé Justine. Elle m’avait bien laissé tomber, que diable ! La moutarde commençait à me monter au nez à ce stade ci.
Toujours debout comme un niais, j’avais bonne mine.

La femme brune qui se trouvait à côté de moi, prit ma main :
– Vient me dit-elle, je m’appelle Clara, nous avons à faire tous les deux.
Je marchais à côté d’elle, sa hanche frôlait la mienne, et cette peau contre la mienne, par intermittence, était quelque chose de tout à fait délicieux et d’excitant. Sa main dans la mienne, me tirait plutôt que m’accompagnait. Nous étions avec les autres qui nous devançaient dans un long couloir noir. Encore ! Cela devait être une manie par ici !
Et puis arrêt brutal. Clara se tourna vers moi, cette fois ci avec un léger sourire, s’approcha de moi, et ses seins se plaquèrent contre mon torse. Je n’osais pas respirer, j’avais à la fois peur, et envie que ce moment ne s’arrête jamais. C’était à la fois délicieux, étrange, si étrange.
Elle se colla encore contre moi, jusqu’à ce que le bas de son ventre se frotte contre le mien. Elle semblait satisfaite, trop d’après moi et de la main, m’effleura le visage, les bras, les hanches. Sa paume épousa toutes les formes de mon corps. Je me laissais doucement glisser dans le cocon de la volupté. J’y entrai totalement, me conduisant vers l’extase.

Un baiser léger. Justine se trouvait là, souriante, radieuse.
– J’espère que tu as fait de beaux rêves ? me dit- elle

Pour toute réponse je pris sa main entre les miennes et mis un baiser sur chaque doigts de dentelle.

©  13 novembre 2011

À propos de filamots

Sur le fil des mots. Je rassemble pour mes enfants, les textes anciens et nouveaux ainsi que futurs que je dépose sur ce blog. L'occasion pour moi de faire de belles rencontres virtuelles, et de m'améliorer dans l'écriture de quelques nouvelles lorsque l'inspiration est au rendez-vous. Je partage aussi ma passion pour la photographie en tant qu'amateur. Je suis autodidacte en informatique, lecture, musique, etc....

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  1. TI PIMENT dit :

    Vagabonde l’imaginaire
    Ou imaginaire vagabond
    Filamots prend son stylo
    Clefs de sol
    Une clé quoi qu’il en soit
    Vient nous en ouvrir la porte .
    Cordialemnt
    SLY

  2. Oceanelle dit :

    J’ai beaucoup aimé ce texte …. merci de le remettre au goût du jour sur ton espace ! Il va peut-être bien falloir que nous refassions une de ces « Turlupinades » à ma façon, non ??? rires ! On y pense sérieusement ! Bisous Gene

    • filamots dit :

      Bonsoir Océanelle,
      Ah oui ! bonne idée. Si je puis te demander d’attendre le printemps ? 😉 Que j’aie au moins tous mes esprits qui puissent vagabonder sur le sujet que tu vas trouver et qui sera certainement….
      ex-cel-lentis-sime !
      Bisous poète au féminin 🙂 poètesse c’est bizarre non ? poète est-ce ? 🙂

Merciii ! C'est gentil d'y avoir pensé.

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