Pour l’atelier de Mumu – Plaisir d’écrire n° 27 – hors participation.

Atelier Mumu

Texte plus long.

Avec les mots : soirée – départ – bras – escabeau – sourire – soupçonner – échanger – glisser

La répétition générale.

Affiche de Susan Osborne

Illustration : Susan Osborne

C’était la soirée de la répétition générale.
Les années d’apprentissage avaient été longues. Ils disaient tous que j’avais l’oreille absolue.
A 11 ans, je n’avais toujours pas compris ce que cela voulait dire.
La musique, je la vivais. Elle était en moi. J’étais né avec elle. Les notes, c’était comme un langage.
J’avais appris le solfège. Même si mon coeur entendait les sons, comme pour l’alphabet, je devais apprendre à lire et mettre les mots sur les notes.

J’étais loin de soupçonner ce que l’avenir me réservait.

Ce soir était enfin le départ de mon rêve. Me retrouver face à eux. Me plonger dans la musique, la vivre, la partager, la transmettre.
C’est le sourire aux lèvres que je pris place sur une légère élévation, sorte d’escabeau en bois placé exprès. J’étais encore trop petit pour pouvoir mener à la baguette tout ceux placés sous ma direction.

Je levai le bras et les premières notes s’emparèrent de mon tympan.
Je connaissais le concerto par coeur même si, sur le pupitre, la partition étalait les rythmes devant moi. Nous échangions entre les instruments à bois, à cordes, les interventions des cuivres et de percussion, ces derniers  s’emballeraient plus tard.

Le piano débutait son modérato en cette première partie. Les mains du pianiste glissaient sur les touches blanches et noires. Un vrai dialogue s’installait et mon âme plongeait dans l’oeuvre romantique de Rachmaninov.

La musique me parlait au-travers du compositeur. Les notes s’insinuant en moi, je devenais la partition, je naviguais sur la portée. Au rythme du langage, mon oreille se transcendait, je transmettais les émotions du compositeur, et j’unissais tous ces musiciens dans l’équilibre des sonorités de l’orchestre.

Toscanini((Parme, 25 mars 1867 – Riverdale, 16 janvier 1957) disait ceci :

« Le chef d’orchestre est un prisme, une sorte de diamant, par lequel passent les faisceaux de toutes les individualités de l’orchestre ».

La musique était devenue les notes de ma vie.

Récit purement fictif où j’ai rendu hommage à Roberto Benzi, en y mélangeant fiction, et mes impressions personnelles ressenties vis à vis de cette musique classique qui me fait tant vibrer.

Pourquoi Roberto Benzi ? Parce que maman m’en avait si souvent parlé. Elle avait été le voir à Bruxelles diriger tout petit et à l’âge dont je fais mention dans ce récit, enfant tout bouclé, doué, ceci était incontestable, et les souvenirs de maman m’avaient beaucoup impressionnée. Elle se souvenait de ce garçon en costume d’homme, dirigeant un immense orchestre, peut-être au Palais des Beaux Arts de Bruxelles. Elle en avait été très marquée et m’en parlait si souvent.
J’ai appris récemment qu’il avait été longtemps à la tête du Grand Théâtre de Bordeaux. Il a également appris avec André Cluytens, une figure très connue chez nous en Belgique.  Il est aisé de trouver la biographie de Roberto Benzi sur internet. Quant à la musique classique, c’est maman qui m’a transmis ses connaissances, via ma grand-mère qui avait obtenu le premier prix au conservatoire de Musique de Bruxelles en tant que Soprano. Mon grand-père chantait aussi, maman ne pouvait plus en tant que soprano à cause de la cigarette. Mon père chantait aussi, il avait une belle voix de ténor. Personnellement, j’ai aussi chanté dans un autre registre où j’ai abîmé mes cordes vocales, ceci bien plus tard et fera l’objet d’un autre article.

© freesia – 08 novembre 2011

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À propos de filamots

Sur le fil des mots. Je rassemble pour mes enfants, les textes anciens et nouveaux ainsi que futurs que je dépose sur ce blog. L'occasion pour moi de faire de belles rencontres virtuelles, et de m'améliorer dans l'écriture de quelques nouvelles lorsque l'inspiration est au rendez-vous. Je partage aussi ma passion pour la photographie en tant qu'amateur. Je suis autodidacte en informatique, lecture, musique, etc....

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  1. Virginie dit :

    Petit coucou ce soir !
    Nous sommes deux à être fatiguée, il va falloir que nous fassions le plein de vitamines sinon nous n’allons pas passer l’hiver 🙂
    Mes parents aimaient la musique, mais comme beaucoup disaient  » nous n ‘y connaissons rien » ! Ils m’avaient inscrites aux JMF, Jeunesse musicale de France !
    Mon professeur de chant, enfin celle de mon école, m’accompagnait à des concerts, et c’est comme cela que j’ai découvert la musique, l’opéra et les ballets !
    Je me souviens du Théâtre des Champs Elysée, et plus tard, j’ai aimé les Festival d’Eté notamment à Albi avec JP Walez et l’Ensemble Orchestral de France, Rostropovicht, des moments inoubliables gravés trés fort dans ma mémoire !
    Il est beau ton billet, j’ai vu moi aussi, que tu savais de quoi tu parlais, bravo et surtout merci de nous faire partager tes émotions !
    Bisous et allez, haut les coeurs !
    C’est bien on te découvre de plus en plus… Tu en as des fibres à ton arc !

    • filamots dit :

      Bonjour Virginie,
      Encore un billet à écrire pour l’atelier d’Oceanelle, et puis je pourrai venir visiter les blogs.
      Je l’ai commencé ce matin….. 🙂
      Oui oui pour les vitamines, j’y pensais, alors que le soleil brille tellement. J’irai prendre l’air aujourd’hui en faire le plein au jardin public de Bordeaux.
      Les jeunesses musicales existaient en France aussi, je l’ignorais. C’est une bonne chose cette initiative. Et je sais qu’en Belgique cela existe encore. Il suffit parfois d’un professeur, d’une représentation pour ouvrir le coeur à cet espace de musique.
      Merci pour les fibres….. 🙂 j’en mange tous les jours 😆
      Quant aux découvertes, ce sont les traces que j’essaie de laisser pour mes enfants avec pas mal de pudeur.
      Je t’embrasse.

  2. il faut certainement avoir cette fibre musicale pour en parler comme tu le fais! Un monde que ceux qui ne l’ont pas( moi!) ne connaissent pas, et c’est certainement dommage !

    • filamots dit :

      Bonjour Mumu,
      Nous ne pouvons pas tout connaître, ou bien avoir la fibre dirigée dans cette direction là !
      Souvent question de ne pas avoir entendu en étant plus jeune. J’en ai mis souvent chez moi à la maison, et cela n’a jamais intéressé mes enfants. Question de sensibilité et de personnalité aussi.

  3. C’est un superbe billet qui exprime bien ton amour de la musique.
    bises et bonne soirée.

  4. Harmony dit :

    Bonjour Gene.
    Bravo pour ce texte si bien écrit dans lequel tu parles avec passion d’un certain petit garçon.Tu as baigné dans la chanson depuis ton plus jeune âge.Cette passion ou ce don s’est transmis à travers les générations.Je n’ai pas encore regardé ni écouté la vidéo.Je reviendrai peut-être plus tard pour t’en souffler quelques mots. 🙂
    Bisous à toi.Bonne fin de journée.

    • filamots dit :

      Bonjour Harmony,
      J’ai encore un texte à écrire pour le défi chez Océanelle, et puis je pourrai revenir sur les blogs et reprendre l’atelier de Mumu.
      Merci pour ta visite, en attendant le grand plongeon -) Bonne journée.
      Bisous et à plus tard.

  5. colettedc dit :

    Très bon et agréable à parcourir ce billet Geneviève !
    Tout y est si bien rendu …
    Bonne continuation de ce jour pour toi …
    Bise d’amitié,
    C☼lette 😀

    • filamots dit :

      Bonjour Colette,
      Merci pour ton passage aussi fidèle. Pas trop la forme en ce moment, d’où le retard dans mes commentaires.
      Je me sens très très fatiguée. Passe une bonne journée tout là-bas 🙂
      Bisous.
      Geneviève

  6. giselefayet dit :

    Des les premiers mots les premières phrases je me suis dit que tu savais de quoi tu parlais, la fibre musicale vibre à travers ce billet et je ne suis pas étonnée de découvrir qu’elle se transmet de génération en génération dans ta famille. Fille et petite fille de musiciens , j’ai baigné dans la musique classique des mon plus jeune âge . Piano, violons, alto , violoncelle le quintette transformait les réunions familiales. Maman pianiste s’est tournée vers l’enseignement quelques années après la guerre et bien sur j’ai bénéficié de ses conseils et connaissances , bien qu’ayant arrêté le piano assez tôt, je reste très attachée à cet instrument qui a su séduire ma fille .
    Merci pour ce billet très émouvant qui me parle énormément .
    Bonne journée
    Bisous

    • filamots dit :

      Bonjour Gisèle,
      Oui je sais de quoi je parle dans la mesure où j’ai baigné dans le chant et la musique classique en étant plus jeune à la maison. Cela c’était le côté positif familial 🙂
      Je suis heureuse d’avoir pu intégrer dans cette construction, toute cette culture à laquelle je suis très attachée et dans laquelle mes grands-parents, ma mère principalement, et puis l’école soit le lycée m’ont entraîné. Le lycée, pourquoi ? parce que il y avait chaque année la possibilité à moindre coût de pouvoir s’inscrire aux Jeunesses Musicales, qui se déroulaient le dimanche matin au Palais des Beaux Arts de Bruxelles, où je me rendais toute seule. Je dois dire que j’y ai vécu des moments inoubliables d’écoute musicale. D’une part, c’était une sortie inespérée pour moi, et puis se retrouver dans une des plus belles salle de concert à Bruxelles, où se déroule tous les ans, le concours Reine Elisabeth, sont pour moi de si bons souvenirs. Ensuite chez moi seule, j’écoutais la musique très souvent, allongée sur mon canapé, sur ma platine haut de gamme que je m’étais offerte en 1980, avec l’ampli et l’enregistreur cassette double deck, de la marque « Sunny »…tu sais la marque connue…sais pas si je puis citer la véritable marque ?
      Bref pour moi du haut de gamme à l’époque. Mes 33T, j’en avais toute une collection, hérités en partie de maman qu’elle ne souhaitait plus garder, dirigés par de bien célèbres compositeurs, tel que Claudio Abado, à titre d’exemple.
      Je lis que toi aussi tu as baigné dans les instruments de musique. Donc tu as bien saisi ce que j’ai un peu voulu transmettre. Je pensais en écrire davantage, mais les mots que j’ai au fond du coeur ne sont pas sortis comme je le voulais. L’essentiel c’est que chacun ou chacune ait quelque peu compris.
      Bisous et bonne journée.

  7. Un ressenti qui me fait vibrer 😛 superbement transmis 🙂

Merciii ! C'est gentil d'y avoir pensé.

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