Thème du mois de février : Rencontre

Correspondance.

Cher Bernard,

T’entendre au téléphone mercredi dernier, m’a toute retournée.
Evoquer notre première rencontre, et ce que nous avions ensuite vécu, m’a remplie d’un grand trouble.
Je travaillais dans la même entreprise que toi, et parfois nous nous croisions à la machine à café.
C’était à l’époque encore les percolateurs, ou un distributeur gobelet comme dans les stations-services.

Tu étais marié. J’étais célibataire et tu te souviens j’avais trente ans.
Je me rappelle notre premier rendez-vous. Tu m’avais invitée au restaurant chinois. D’une grande classe et correction, ta culture m’a de suite attirée.
Je n’ai pas fait attention à ce qui allait suivre. J’étais confiante, un tête à tête n’implique pas nécessairement de coucher ensemble. Je n’y pensais même pas.

Je profitais avec toi de ce repas, simplement, et sans me rendre compte tombant peu à peu sous le charme de tes mots, dans ta façon de t’exprimer, ton humour.

Je suis certaine que là en me lisant tu vas t’enorgueillir, si longtemps après. Il va y avoir trente ans. Bien des années ont passé, et je ne t’ai jamais dit combien de temps il m’a fallu pour t’oublier.
15 ans c’est long, lorsque le coup de foudre frappe.
Et je ne me suis pas méfiée, rien ! J’ai savouré, et me suis enlisée, enveloppée dans ce sentiment qui me submergeait sans que je ne m’en rende compte.
Ma petite fille dormait au restaurant la tête posée sur mes genoux. Je te l’ai rappelé au téléphone, tu n’avais pas oublié. Et cela m’a fait plaisir.

Après avoir mangé, la soirée étant terminée, il fallait rentrer mettre l’enfant au lit. Debout sur le trottoir, nous nous sommes regardés.
Et là sans réfléchir, je t’ai embrassé.
Tu m’as regardé surpris, mais je sais que c’est ce que tu attendais.
Je ne savais pas hélas sur quel chemin je m’aventurais.
J’avais commis un pas dans une histoire d’amour inoubliable et souviens-toi, où nos regards seuls fusionnaient, où lorsque ensemble soudés l’un à l’autre, allongés seuls sur ce lit, je criais ma jouissance comme une damnée, parce que j’aimais à la folie.

Je n’oublierai pas notre premier je t’aime, dans ce parc, le soir aux environs de 23 heures sous un lampadaire, assis tous les deux sur un banc, la main dans la main.

Et pourtant tu étais marié. J’ai cru que tu la quitterais. Mais non je m’étais trompée, c’est la suite de l’histoire qui me donna la réponse. A l’époque je ne le savais pas.

Je ne retiens que nos bons moments. Cette belle aventure vécue ensemble pendant une bonne année et demie, intense.

Tu avais la clé de la maison, tu arrivais, je me jetais à ton cou, et je me frottais contre toi. Immédiatement ton corps réagissait au mien, et c’était une véritable félicitée, un plaisir si différent, renouvelé, jamais le même, et tellement merveilleux.

Je voudrais te remercier d’encore autant m’inspirer aujourd’hui dans mes écrits. Tu as été ma plus belle expérience, malgré les pleurs qui ont suivi et la séparation que je me suis imposée. C’est une autre histoire.

Tu as été pour moi une passion. Je ne sais si tu as éprouvé la même chose, vu que tu étais un fameux coureur de jupons, ce qu’à l’époque j’ignorais.
Trop confiante, mais tellement vraie et entière que même cela je ne regrette pas.

Merci pour cet amour que j’ai partagé avec toi.
Je n’oublierai pas nos longs regards et surtout nos baisers sans fin, pendant notre union charnelle. Nos corps si bien accouplés s’entendaient si bien.

Merci Bernard pour tout ce que tu m’as apporté il y a bien longtemps.
Je garde de toi un bon souvenir, et suis heureuse d’avoir pu t’entendre cette semaine au téléphone.

A bientôt, je pense ….léger sourire….

Marie.
ps : Comme d’habitude, je n’ai rien relu.

© 6 février 2011

Petit jeu de correspondance sur un forum.

À propos de filamots

Sur le fil des mots. Je rassemble pour mes enfants, les textes anciens et nouveaux ainsi que futurs que je dépose sur ce blog. L'occasion pour moi de faire de belles rencontres virtuelles, et de m'améliorer dans l'écriture de quelques nouvelles lorsque l'inspiration est au rendez-vous. Je partage aussi ma passion pour la photographie en tant qu'amateur. Je suis autodidacte en informatique, lecture, musique, etc....

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  1. filamots dit :

    Je viens de constater qu’il fait doublon avec celui-ci :
    https://filamots.wordpress.com/2011/02/08/correspondance/
    Cet atelier n’existe plus et j’avais mis ce texte en privé. Et hop le voilà public.😀

  2. Est-il vraiment besoin de relire ton écrit ?
    Ce n’est pas par les yeux que l’on perçoit un cri
    un cri qu’on oublie pas quand on l’a entendu
    d’une femme passionnée qui s’est offerte nue.

    Oui, il est remonté et pour notre plaisir
    Et tant pis si chez toi, il déclenche le rire.
    Cette lettre inventée à eu l’heur de nous plaire
    et tu as eu raison de lui donner de l’air🙂

    • filamots dit :

      Bonjour poète,

      Oui je souris encore en la relisant. Rire le verbe est trop fort😉

      Car ce courrier mis ainsi en lumière n’est qu’une infime si infime partie de toute l’histoire où j’ai pu grâce à moi-même rebondir.🙂
      Sa femme l’a quitté, la pauvre est morte alcoolique. Sa fille l’a abandonné. Bref, la vie de ce monsieur n’est pas reluisante et je suis triste pour lui. Je connais le personnage🙂 Et échanger après autant d’années nous a fait plaisir à nous deux.

      De toute manière lorsqu’on a pas connu l’amour avec une femme mariée ou un homme marié, du moins avoir eu cette expérience qui se solde le plus souvent par un échec, personne ne peut savoir comment cela se passe. Et dire qu’il y a des femmes qui restent à vie dans l’ombre, par choix, par amour tout simplement. Les hommes je n’en connais pas de témoignages à ce sujet.

      J’en ai bavé, jusqu’à être enfermée psychologiquement par un homme marié alors que j’étais célibataire, dans ma propre maison, où j’écrivais sur des petits papiers ce que je faisais heure par heure, tant l’emprise sur moi-même était forte.
      Mais comme j’ai de la ressource finalement, il n’a pas réussi à mettre l’oiseau en cage, comme écrit lors d’un autre poème, et j’ai repris petit à petit ma liberté pour ensuite carrément déménager et rejoindre la capitale belge. Ce qui n’a pas plu à ce grand séducteur. Cette lettre est le témoignage de ce que j’ai éprouvé de vrai dans mon cœur, et c’est tout ce qui compte. Je n’en ai gardé que les bons souvenirs, des moments fusionnels intenses. Pour moi l’amour, le don de soi total, ce fut pour moi passionnel. Cela n’existe qu’une seule fois dans l’existence. Je suis contente à ce jour de l’avoir vécue. Et oui, les avantages de la jeunesse😀
      J’aime croire au fond de moi, que ce que j’ai vécu est de l’amour et non pas l’idée de l’amour. Cela me convient mieux car je serais trop triste.

      Avec le recul, l’amour, j’en ai perdu les pistes, ce qui ne m’a pas empêché d’écrire d’autres poèmes d’amour et plus légers, très légers🙂 Mélange de rêves et de vécus.

      Merci pour ton beau poème poète.

      • frip♂n dit :

        Je partage ton avis, on ne connaît le grand Amour qu’une seule fois dans sa vie, le reste n’est que palliatif mais pas sans intérêt🙂
        S’il est vrai que la jeunesse dispose plus aisément à ressentir de fols émois, elle n’en a pas l’exclusivité, heureusement et l’âge ni peut mais.
        Oh ce n’était pas un poème, juste quelques vers.
        Bonne semaines.

  3. flipperine dit :

    le monsieur tenait tout de même à son mariage

  4. Bonjour Filamot
    Quelle beau billet
    j’adore
    tu écris d’une façon que l’on vit avec toi ce que tu écris

    bon week end
    bises
    LILI

    • filamots dit :

      Bonjour titelili,
      Voilà longtemps que nous ne nous sommes plus croisées🙂 Les aléas de mes participations personnelles, ce dont je m’excuse. Merci d’être passée et pour ton gentil commentaire.
      Bonne semaine à toi.
      Bisous
      Geneviève et à bientôt🙂

  5. maloween dit :

    Rien à redire sur la lecture on avait l’impression d’être dans un roman
    lecture sur la plage de ce mois d’aout
    un morceau choisi comme une belle tranche de vie
    bon we

    • filamots dit :

      Bonjour maloween,
      Je pensais à toi récemment, ne te voyant plus naviguer sur le sable, ou à voyager avec les copines dans le S.O😉
      Puis-je venir te faire toc-toc ?
      J’aime beaucoup lire des écrits épistolaires et ceux de Victor Hugo, « lettre à la fiancée » que j’ai pu lire de la bibliothèque ici à Mériadeck, m’ont vraiment fait plaisir. C’est écrit en poésies. D’autres sont écrits par des personnes qui se font éditer, ou par d’autres auteurs de la littérature. Maman aimait les lettres que Napoléon avait échangées avec Joséphine de Beauharnais.
      Ce sont des tranches de vie ces correspondances, inventées ou réelles🙂
      Bisous et bonne semaine à toi. Merciii ♥

  6. Ce n’était pas la peine de te relire c’est parfait, on croirait une moment de ma vie.
    Bises et bon week-end.

    • filamots dit :

      Bonne fin de journée Claudie,
      Je viens d’éclater de rire en lisant ton commentaire en tant que brindille, puisque j’administre mon ancien blog. Je passais en revue tous mes articles depuis le début et ai mis certains en public alors qu’ils étaient en privé avec un mot de passe. Conclusion, si j’ai bien compris, il est remonté à la surface ? Celui-ci était encore à l’état de privé, privé et n’avait jamais été publié.🙂
      Ah ! les souvenirs ! J’ai bien souri en lisant cette lettre, où bien entendu, il s’agit d’une tranche de mon existence et d’un homme qui a beaucoup compté pour moi. Si tu me réponds ce que je viens de lire, alors nous nous comprenons😉
      A fuir évidemment🙂
      A ce propos, j’ai revu cet homme, en allant visiter ma fille. Il est très malade au niveau du coeur et tu me connais, je ne puis avoir que de l’empathie pour ce qu’il endure. Conclusion, ce fut une rencontre assez sympathique à évoquer des moments du passé. Tu t’imagines trente-quatre après ? Ah ! cela m’a bien fait sourire, et puis c’était comme si nous nous étions quittés hier, sauf que le séducteur n’a pas changé et que moi j’ai vieilli😀
      C’est la raison pour laquelle, je me suis amusée lorsqu’en participant sur un forum à des lettres dont on aurait voulu écrire, vraies, fausses, fantasmées, je m’étais amusée à inventer la lettre, mais avec des faits réels. Ce furent de bons souvenirs. Ce banc existe toujours. Le parc où le château du Baron Empain avait une de ses propriétés, j’en ai fait des photos sur mon autre blog. C’est devenu un parc magnifique, et j’ai souvent bien regretté de ne pas avoir eu l’occasion de découvrir toutes ces transformations. Voilà chose faite. Je logeais chez ma fille qui était au courant de ma virée au restaurant chinois en souvenir🙂 C’était en plus excellent, ce que je n’ai pas encore trouvé à Bordeaux. Je ne désespère pas, car je pense aller dans d’autres coins sillonner lorsque je saurai mieux marcher etc…mais je raconterai, me laisser tenter par un bon mezze, et ensuite des côtelettes d’agneau. Miam…Miam….
      Je vais en profiter pour répondre aux commentaires postés ces derniers temps. Là, tu m’as bien fait rire tout haut.🙂 Merci.
      Bisous et bon week-end à toi aussi.

Merciii ! C'est gentil d'y avoir pensé.

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