Le chêne

Il est grand, majestueux

De sa cime il surplombe ses confrères

Mais n’est-il point heureux

Ce grand seigneur des forêts ?

—-

Que le vent en automne dépouille

Que la neige en hiver enseveli.

De ses bras langoureux

Pourvu de feuilles, couleur de rouille

Contre la tempête il ne faiblit.

….

Bientôt le bûcheron arrivera

Et sa fin alors sera proche.

….

Fauvettes au bec d’or

Rossignols le soir encore,

Le berçaient de leurs cris.

Mais il pense avec rancœur

A ses pauvres frères

Allongés là sans vie.

….

Mais l’homme cogne déjà

Cruellement, sans pitié

Des branches tombent

Tout son être frémit, pleure

….

Chaque coup de hache

Le fait saigner davantage.

La sève coule lentement

Le long de son tronc

….

Bientôt il ne souffrira plus

La vie peu à peu le quitte

Et doucement il ira s’allonger

Près de ses frères trépassés

….

Alors monte en moi

Un dernier cri d’adieu

Vers celui qui fut le roi des rois.


© Années 1960-1970

Illustration : Gustave Courbet

À propos de filamots

Sur le fil des mots. Je rassemble pour mes enfants, les textes anciens et nouveaux ainsi que futurs que je dépose sur ce blog. L'occasion pour moi de faire de belles rencontres virtuelles, et de m'améliorer dans l'écriture de quelques nouvelles lorsque l'inspiration est au rendez-vous. Je partage aussi ma passion pour la photographie en tant qu'amateur. Je suis autodidacte en informatique, lecture, musique, etc....

  1. cronin dit :

    Bonjour Filamots (Pétale)
    Je viens de lire un magnifique poème… qui m’a séduite, tant par la richesse et la profondeur de tes mots. Il est vrai que chaque arbre abbatu, est un cri au coeur de la vie ! Les arbres, sont nos sources de ressourcement, de cette nature, notre mère nourricière. Un bel arbre… ce chêne, le roi de la forêt… la mémoire des arbres a guidé ta plume divine Filamots, et je te remercie de cette lecture matinale, en ce dimanche ensoleillée ! Bisous, très bon dimanche à toi, et toutes mes roses d’amitié. Merci de tes passages sur mes poèmes ! Corinne (Cronin)

  2. Nathalie dit :

    Ah! Courbet! Tu ne pouvais pas mieux choisir!

  3. Drenagoram dit :

    En Grand Roi il est s’égrene , à l’Orée ,
    Sa Ramure est Souveraine , Hors du Temps .
    Dans le Coeur d’une Forêt , un Veiné ,
    Et ses Branches en Couronne , dans le Vent.
    Son Ecorce est d’Ainé , en Lumières ,
    Où son Torse est Lignée , Songes d’Avants .
    A son Corps Puissant , s’en va l’Onde ,
    Ses Racines Profondes , Plongent à Mère .
    En Mémoires de nos Pairs , Chêne est Monde ,
    Il est l’Hôte , des Visages Millénaires ,
    Dans le Chant d’une Terre , en sa Ronde ,
    Il veille en Corps de sa Voix Solitaire ,
    Sur les Rives d’Hiers , au delà des Courants
    A ces Liens d’Autrefois où vivait l’Ephémère.
    NéO~

    Beau Dimanche.

    http://drenagoram4444.wordpress.com/