Novembre 2007

Photo prise le 19 décembre 2004/REUTERS/Charles Platiau

Photo prise le 19 décembre 2004/Reuters/Charles Platiau


Ce matin, à la télé, un sans-abri habitant Toulon dit ceci :
« Ma famille habite Toulon, mais de coeur je suis tout seul »

Quelle phrase lourde de sens, familial, social et surtout affectif. Mon coeur s’est serré. Il faisait ce matin -6° à Bordeaux.

A Bruxelles, je parlais avec les sans abris proche de la Place de Brouckère, ou qui restait dans le métro pour se réchauffer. Je m’arrêtais auprès d’eux, pour leur parler, et aussi partager. J’ai appris ainsi un peu plus de leur mode de vie, du royaume de la débrouille, mais aussi de la fraude, je n’ai pas peur de certains constats. J’ai partagé des repas, avec ceux qui revendiquaient pour le droit au logement des bâtiments vides, cela s’appelait à l’époque « Le collectif sans nom ». J’ai partagé quelque peu leur combat, en allant partager avec eux, leur vision des choses, et en apportant ma contribution pour leur action, alimentaire, vestimentaire ou autre.

C’est à côté de chez soi, qu’il faut agir. Je me disais, qu’il serait bien que j’aille jusque chez Emmaüs, chercher une couverture ou deux, et puis les distribuer, et apporter un peu de mon aide aussi infime soit-elle pour ceux et celles qui sont de plus en plus jeunes à la rue. Les mêmes qui ont parfois un travail, et n’ont pas en France un salaire suffisant pour pouvoir se loger, car les loyers sont si chers, et les salaires si bas. Le smic n’existe pas en Belgique en France, oui. Je souligne pour les belges que le smic n’a rien à voir avec le revenu minimum garanti qui est en France l’équivalent du RMI, bien inférieur qu’en Belgique.

Cette phrase m’a bouleversée, comme d’habitude, dans son sens familial. Dehors, exclu, prison voulue ou non, à ciel ouvert, dans une solitude morale intolérable pour n’importe quel être humain. Et tout cela encore à notre époque et devant notre porte.

Quand donc l’argent du contribuable, se rapprochera davantage du citoyen de son pays, plutôt que d’aller d’abord aider ceux qui souffrent aussi et qui ont besoin de soutien, comme en ce moment au Bangladesh ? Ce n’est qu’un pan du voile que dégage cette seule phrase qui soulève en même temps tellement d’autres sujets annexes.

Je suis triste depuis ce matin, d’avoir vu cet homme avec cette phrase horrible.
Je ne connais pas le contexte, ni les circonstances. Faut-il vraiment les connaître ? Il y avait dans le ton de cette phrase tellement de non-dits bouleversants.

26 novembre 2010 : Rien n’a changé, bien au contraire, cela empire.

Illustration : desert des mots

Publicités

À propos de filamots

Sur le fil des mots. Je rassemble pour mes enfants, les textes anciens et nouveaux ainsi que futurs que je dépose sur ce blog. L'occasion pour moi de faire de belles rencontres virtuelles, et de m'améliorer dans l'écriture de quelques nouvelles lorsque l'inspiration est au rendez-vous. Je partage aussi ma passion pour la photographie en tant qu'amateur. Je suis autodidacte en informatique, lecture, musique, etc....

"

  1. Tu sais Filamots parfois les articles plus sérieux sont excellent et si cela peut faire réfléchir et aidez un minimum de gens je suis extrêmement pour! Effectivement, ici il y a des froids qui peuvent aller sous les -40 degrés celsius et je ne comptes pas le facteur vent qui ne fait qu’empirer la situation pour eux.

    bises xx

    • filamots dit :

      Merci pour ton témoignage Virtuelle. Là-bas où tu habites, c’est vrai qu’il peut bien faire froid. Mais il semble que cela ne soit pas la même chose que dans nos pays européens, d’après des témoignages de Français qui ont voulu s’installer dans ta région.
      Le froid, j’y étais habituée en Belgique, mais depuis lors, je m’habitue aussi à plus de douceur. Alors pour les sans-abris chez toi, ils peuvent mourir en une seule nuit avec de telles températures.

  2. paule1106 dit :

    Bonsoir Geneviève, je viens de parcourir un peu ton blog, très intéressant je dois dire.
    Pour les sans-abri, c’est vrai, malheureusement, cela empire. Mon fils est auxiliaire de vie dans un foyer qui recueille les sans-abri et c’est un problème qu’il connait bien et dont nous parlons souvent ensemble. Il aime son travail, même s’il n’a aucune qualification, mais aider les autres c’est ce qu’il a toujours voulu faire depuis qu’il est petit.
    Oui les resto du coeur, la Banque alimentaire, c’est bien de les soutenir, ce n’est pas un ou deux paquets de pâtes ou de riz qui vont nous empêcher de finir le mois, mais pour ceux qui sont dans le besoin, ça leur permet de ne pas mourir de faim.
    Bonne soirée.

    • filamots dit :

      Bonjour Paule, Comme je suis d’accord avec toi, et ton fils est en effet au plus près au quotidien de ce problème de plus en plus important chaque année. Je viens d’entendre ce midi au journal que les demandes sont passées de 150 à 300, c’est à dire le double. Pour ce qui concerne les dons, et si nous pouvons le faire, du riz, des pâtes, des choux pour l’hiver, des pommes de terre, en effet représentent bien peu de choses dans notre panier. Ce qui n’est pas le cas pour tout le monde.

  3. Ma chère Filamots, plus tôt dans la soirée, je me suis assise et j’ai pris le temps de lire… Je soutiens également de par chez-moi ceux dans le besoin tout comme toi. Ici, le 2 déc. sera la grande guignolé des médias au Qc. J’espère que chaque pers. qui le peut donnerons généreusement comme je le fais à chaque année pour les gens dans le besoin. Merci pour ce texte si riche malgré cette tristesse. Bisous xx

    • filamots dit :

      Merci pour ton commentaire Virtuelle. Chez toi là bas, il fait des températures encore plus basse qu’ici en Europe. Et pourtant l’être humain reste aussi vulnérable quel que soit le lieu de son habitat.
      Un article quelque peu plus sérieux parmi les autres. Mais d’une telle réalité qui mérite encore et encore de souligner ces faits qui me révoltent tant.
      Bisous xx

  4. Nathalie dit :

    C’est terrible, tu as raison. Ce n’est pas tant qu’il faille faire des choix dans les misères à soulager en premier… mais obliger la société à une meilleure redistribution des richesses.
    Les tranches les plus riches de la population s’enrichissent toujours plus tandis que les plus pauvres s’enfoncent dans la misère, il est là le scandale.

    • filamots dit :

      En effet Nathalie, et cette misère, elle se trouve à côté de notre porte, dans la rue au quotidien. Suffit juste d’un peu regarder.
      Ce soir encore, en me rendant à un forum social, j’ai vu un homme sans âge, se chercher une place pour passer la nuit. C’est tellement triste. Je salue au passage le courage aussi de tous ces bénévoles qui s’investissent ainsi pour secourir ceux et celles qui en ont besoin. Aujourd’hui à Bordeaux, c’était collecte pour la Banque Alimentaire dans les grandes surfaces.
      Mon mari et moi avons décidé de nous rendre plus souvent au resto du coeur, ou bien à la Banque Alimentaire même pendant l’hiver pour apporter des petits quelques choses. Quelques choux verts, des oignons, des pommes de terre trouveront toujours preneurs dans la journée par les associations qui viennent prendre livraison.
      Les restos du coeur c’est pareil. Et au moins, nous savons que là le ou les dons seront utilisés pour les personnes qui en ont besoin.
      J’espère qu’il n’y a pas trop de neige dans votre coin ?

Merciii ! C'est gentil d'y avoir pensé.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s